Je suis une entrepreneure.

Je suis celle qui, comme toi, fait tout pour vivre de sa passion. Pour créer une entreprise rentable, pour avoir des clients que j’aime, des mandats trippants.

Je suis celle qui n’a jamais compté les heures ni les jours pour être en mesure de mener à terme un projet.

Je suis aussi celle qui a déjà frappé un mur (de fatigue) parce que je n’ai jamais compté les heures.

Je suis celle qui a décidé que, coûte que coûte, j’allais passer à travers cette crise sans demander l’aide du gouvernement (anyway je ne suis pas admissible).

Je suis celle qui répète sans cesse et à tout vent que la qualité importe davantage que la quantité.

 

Je suis celle, comme toi, qui veut réussir.

Je suis celle qui défonce des portes, qui brise les conventions. Qui ne veut jamais être comme tout le monde.

Je suis celle qui a besoin d’être bien dans son travail, qui se réalise chaque jour quand elle ouvre l’ordinateur.

Je suis celle qui a beaucoup de difficulté à se concentrer. Je conserve le peu d’attention que j’ai pour mes clientes, question de les aider le plus efficacement possible.

 

Je suis celle, comme toi, qui a le goût de tout lâcher aussi, parfois. C’est normal.

Je suis celle à qui il arrive de regarder des offres d’emploi pour m’enlever un poids sur les épaules… et qui réalise que ce serait encore pire que de conserver mon entreprise.

Je suis celle qui se présente souvent en pyjama sur Zoom. Mes clientes le sont souvent aussi et on en rit. Ça fait un bien fou.

Je suis aussi celle qui se sent coupable, parce que je ne suis pas qu’une entrepreneure.

 

Je suis aussi une femme, une mère, une fille, une blonde et une amie

Je suis celle, comme toi, qui aime son enfant plus que tout.

Je suis quand même celle à qui la solitude manque atrocement.

Je suis celle qui a vu sa petite routine drastiquement modifiée avec le confinement, la fermeture des écoles.

Je suis celle qui essaie tant bien que mal de travailler entre 20 Mamaaaaaannnnnn et demandes de collation de son enfant.

 

Je suis celle, comme toi, qui se sent coupable de travailler alors que mon enfant est laissé à lui-même.

Je suis celle qui se sent coupable de ne pas travailler lorsque je suis avec mon enfant.

Je suis celle qui se sent coupable en recevant tous ces courriels et toutes ces notifications de l’école, de la prof et du gouvernement alors que je travaille à temps plein encore et que je n’ai franchement pas envie de faire l’école à la maison.

 

Je suis celle, comme toi, qui doit accepter de lâcher prise parce que damn, anyway j’ai aucun contrôle sur ce qui se passe.

Je suis celle qui trouve que toute est trop, ces temps-ci.

Je suis celle qui n’a plus de temps pour elle. Qui n’a plus la possibilité de s’évader comme avant, quelques minutes, quelques heures quand j’en ai besoin.

Je suis celle qui torche la salle de bain 15 minutes avant une rencontre client.

Je suis celle qui pense à ce qu’on va manger pour dîner ET souper pendant que je bois mon café le matin.

Je suis celle qui pense plus que tout le monde. Parce que je suis faite comme ça.

Je suis celle qui pense très souvent à sa famille, à ses amis, mais sans les appeler. Parce qu’à la fin d’une journée à parler avec plein de monde, je suis brûlée.

Je suis celle qui s’inquiète d’où s’en va le monde. De l’avenir devant nous.

 

Je suis, comme toi, toujours la même. Mais quand même un peu différente.

Je suis plus consciente de la chance que j’ai de vivre de ma passion et d’être bien entourée.

Je ressens un sentiment mélangé de fierté, de stress, d’enthousiasme.

 

Je suis, comme toi, fière de moi, de toi.

Fière de garder la tête haute et de croire en mon projet, assez pour passer par-dessus toutes les difficultés, qu’elles soient personnelles ou professionnelles.

J’ai envie de te dire que #çavabienaller, mais tu le sais déjà.

Ne lâche pas, tu fais un sapré bon boulot. Ne l’oublie jamais.

 

Cet article a été rédigé après plus d’un mois de confinement durant la crise du COVID-19.